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Iran : Partie II

Après un autobus de nuit, nous voilà arrivés dans la mégapole de Téhéran. La conduite est désastreuse. Nous avons bien fait de ne pas pédaler ici. C’est chacun pour soi. Les règlements ne sont pas trop respecter. Une chose est certaine, ce n’est pas ici que les angles morts ont été inventés, ni la ceinture de sécurité. Elle est optionnelle. Quand je dis optionnelle, je veux dire que des fois il y en a dans les voitures. Les gens reculent sur l’autoroute, ne laissent pas d’espace pour l’autre, roulent à sens inverse, les motos zigzaguent entre le trottoir et la rue, etc. Par contre, ils sont très courtois et pour eux cela semblent très normal comme conduite. Téhéran, pour moi, n’a rien d’extraordinaire. Je n’ai jamais trop aimé les grandes villes. Je vais donc en profiter pour parler un peu de la vie iranienne.

Mosquée

L’Iran est un pays assez spécial pour moi. Je devrais plutôt dire la république islamique d’Iran. C’est le vrai nom. C’est une différence majeure puisque ça implique que la religion est présente dans le gouvernement. Qui dit islam dit port du voile pour la femme. Ce n’est pas une option, c’est la loi. Elles sont néanmoins souvent assez rebelles et le portent à mi cheveux. Il faut comprendre que, malgré ce que je pensais, les iraniens et iraniennes ne sont pas du tout religieux. Je m’excuse de mes gros mots, mais ça leur fait clairement chier de le porter. Entre amis, la première chose qu’elles font en rentrant dans une maison est de le retirer. Et la première chose qu’elles font en sortant est de le remettre. Si je continue dans les vêtements, nous étions les seuls personnes à porter des shorts. Ce n’est pas vraiment dans leur culture. Certains iraniens nous ont même dit que c’était illégal, mais que les touristes ont tous les droits ici. Et c’est vrai, ils adorent les touristes et nous disent qu’ils comprennent qu’on ne connait pas leur règlement. Ceci étant dit, nous nous faisions légèrement dévisagés avec nos shorts. Dans certaines villes plus religieuses, on nous disait de mettre des pantalons même s’il faisait 40 degrés. Évidemment, on écoutait ces conseils. Malgré les pantalons, on se faisait regardé quand même. Il y a une police des mœurs qui s’occupe de tout ce qui a trait au code vestimentaire. Une amie iranienne s’est fait arrêter 4 fois et à dû payer des amendes. C’est fou quand on y pense. Elle n’est même pas croyante!!

Boisson nationale : le thé. Ici, vendeur de thé dans un bazar.

Outre le code vestimentaire, l’alcool est illégal. Impossible d’en trouver dans les magasins. Ce n’est pas comme la Turquie… Qu’arrive-t-il lorsqu’on interdit ce genre de chose? Un marché noir se crée. Donc, tout le monde connaît une épicerie où ils ont de l’alcool caché. Tout le monde connait un dealer d’alcool. On appelle et il nous amène l’alcool. C’est ce que nous avons fait à Shiraz  pour goûter le fameux vin. Par contre, le thé se trouve assez facilement. En ce qui concerne les partys, club, bar où tout ce genre de choses? Illégale! Il y a donc des partys clandestins dans des maisons privés ou l’alcool coule à flot. Des fois la police retontit parce que c’est illégale. Pas de problème, un petit billet et on continue le party. Et le policier avise ces collègues qui passent à tour de rôle récupérer un petit billet. Les partys iraniens sont supposément très fameux. Nous n’avons pas eu la chance d’y assister. En résumé, derrière les belles vitrines de dates, saffran et pistaches, on peut trouver assez facilement de l’alcool et des drogues de tout genre. Il suffit de connaître la bonne personne.

Ça m’amène à parler de leur monnaie qui est fascinante : le rihals. Par contre, on ne parle jamais en rihals puisque la monnaie est trop faible. Pour vous donner une idée, 1$ CAD donne 70000 rihals. On parle plutôt en tomans. 10 rihals = 1 toman. Disons qu’au début c’est assez mélangeant quand on ne le sait pas. Et je n’ai jamais vu une monnaie avoir autant d’inflation!! En arrivant au pays, 1$US donnait 6800 tomans et 2 semaines plus tard, 1$US donne 8000. Ici je parle du taux sur le marché noir parce que le taux officiel est 4000 environ. Par contre, personne n’utilise le taux officiel. Vous devriez voir la liasse de billets que nous avons après avoir changé un 100$US. Aucune carte ne fonctionne ici, ni visa, ni MasterCard, ni Interac. On doit rentrer avec du US ou de l’euro. Il n’y a pas vraiment de bureau de change. Donc, on essaye de rencontrer des gens de confiance qui sont très content d’obtenir une monnaie un peu plus stable au taux du marché noir.  Le taux de change semble pratique pour un touriste, mais pensez au pouvoir d’achat d’un iranien… En chute libre! Rajouter que tous les iraniens veulent quitter leur pays, avec cette inflation, c’est impossible. Ils sont pris ici, souvent sans emploi malgré de bonnes études universitaires.

Guitaristes à Téhéran

Dans les magasins, il arrive qu’on se fasse donner des chocolats comme change. Le magasin nous doit 1500 tomans, il nous donne 1000 tomans avec un petit chocolat. Le pire c’est lorsqu’on se fait donner des pièces de monnaie. Qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse avec 500 tomans??? Une fois, je devais payer 8000 tomans. On peut marchander légèrement. J’ai donc donné 7500 tomans pour me débarrasser de ma pièce de 500 tomans. Le vendeur a pris la pièce dans sa main en riant. J’ai lu dans ses yeux ce qu’il voulait me dire…. « Ah mon petit coquin!! Tu m’en as passé une bonne en te débarrassant de ta pièce!! »

Une autre des interdictions des iraniens est d’héberger les étrangers. Je n’y croyais pas au début jusqu’à ce qu’on se rendre au poste de police avec un ami iranien pour prolonger notre visa. Le chef nous dit « N’accepter surtout pas d’invitation, c’est illégal. Par exemple, cet homme ici (en pointant notre ami) pourrait vous inviter mais il n’a pas le droit et vous devez refuser ». Par chance, les iraniens ne suivent pas trop ce règlement. Pourquoi ce genre de règlement? Le gouvernement dit que c’est pour favoriser les hôtels et le tourisme. Les iraniens disent que c’est pour les empêcher de voir une culture différente, pour leur mettre des œillères. J’opte pour la deuxième raison.

Je pense que le mot pique-nique a été inventé en Iran…

Concernant internet, plusieurs applications sont bloquées : Snapchat, Facebook, Couchsurfing, etc. Donc, tous les Iraniens ont plusieurs types de VPN pour contourner le système. Si on résume, port du voile, vêtement assez strict, pas d’alcool, pas de bar, pas de club, plusieurs sites internet bloqués, pas le droit de danser dans les concerts (lorsqu’il y en a), etc. Qu’est ce qu’il leur reste pour s’occuper? Pas grand-chose. C’est pourquoi, le soir, dans les parcs, les familles se rassemblent pour faire des pique-niques. C’est pourquoi les iraniens prennent leur voiture juste pour faire des kilomètres, s’arrêter sur le bord de l’autoroute et écouter de la musique en buvant du thé. C’est eux même qu’ils le disent : la seule chose qu’on a le droit de faire c’est des pique-niques.

Ils sont sincèrement inquiets de l’avenir du pays. On se fait souvent demander comment on trouve l’Iran. On répond que c’est un pays super. Et eux de répondre que le pays va mal, que le gouvernement est corrompu, qu’ils rêvent d’aller vivre ailleurs et souvent c’est au Canada. On se fait aussi demander qu’elle était l’image qu’on avait du pays avant de le visiter. Et il rajoute de passer le message dans notre pays que l’Iran est sécuritaire,  d’encourager le tourisme dans leur pays. On se rend compte assez vite qu’ils sont comme nous, comme n’importe quel être humain. Ils ont juste envie de s’amuser, de liberté, de voyager, de vivre tout simplement.

Cet article comporte 5 commentaires
  1. Nous avons reçu notre migrant en transit avec tellement de plaisir… Tu peux imaginer ! Le duo devrait bientôt se reformer. Hâte de lire tes commentaires sur le Turkménistan… Bises bretonnes des parents .

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