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Zone « dangereuse »

** Ce message s’adresse à ma mère, lire ce message pourrait te stresser, il est préférable de ne pas le lire

Bon! Ce sera un article principalement en texte et vous allez comprendre pourquoi durant la lecture.

Choix de l’itinéraire

Nous étions à Elâzığ  et nous voulions aller à Erzincan. On demande souvent aux gens de la région ce qu’ils pensent de notre itinéraire. Des fois, certaines personnes nous conseillent des chemins différents ou nous donnent des conseils de visite sur la route. On s’enlignait sur l’itinéraire en rouge. On demande à une première personne et cette dernière nous dit que c’est très dangereux. Il nous dit que ce serait préférable de prendre un autre chemin. Il nous propose l’itinéraire en bleu. Heu pardon? C’est un détour de 4 jours!! On demande à une autre personne en espérant que la réponse soit plus positive. Malheur, nous avons le même son de cloche. Apparemment que la section en rouge est dangereuse… Mais pourquoi? Une petite recherche sur internet nous permet de réaliser qu’il y a eu, le mois passé, sept terroristes sur la route en rouge. L’armée est arrivée, a bloqué l’autoroute, a tué 4 terroristes et a capturé les 3 autres. Depuis ce temps, la route est considéré très dangereuse. Bon bon bon… On fait un calcul simple… Il y avait 7 terroristes, ils en ont tué 4, capturé 3, 4 + 3 = 7, 7 – 7 = 0. Où est le problème? On décide de prendre l’itinéraire rouge quand même en se disant que les gens sont gentils.

Sur la route, nous passons des contrôles militaires. Et là, quand je dis contrôle militaire, c’est pire que les douanes. Des blocs de béton, des barbelés, des poches de sable, des véhicules blindés avec des tourelles armés sur le toit et un monsieur habillé avec casque, veste par balle, revolver sur la cuisse et fusil d’assaut. Bonjour monsieur! Évidemment, il ne parle pas anglais, mais il y a un mot qu’il prononce souvent dans sa phrase : « terör, terör » (et ce n’est pas la traduction de tenor…). Bon, il finit par se rendre compte qu’on ne comprend pas trop ses phrases. Il prend son téléphone et utilise Google Translation. Puis, il me donne son téléphone et je lis « Laisser libre, mais la route est une terreur dangereuse ». Hélala! En gros, il nous laisse passer, mais nous dit de ne parler à personne, de ne pas faire de camping, de faire confiance à personne et de composer le 156 si nous avons un problème. Oui m’sieur! Nous demandons si nous pouvons prendre une photo en signe de souvenir. Un non catégorique, puis une fouille du cellulaire pour s’assurer que nous n’avons pas pris de photo… Puis nous continuons notre route.

En début de soirée et après avoir passé un deuxième contrôle militaire, Rémi est en avant et un homme posté en haut d’une petite colline le voit et le salue. Puis, il dit le mot qu’on entend souvent « Çay ??? ». Bon, pourquoi pas! Personne nous a averti de parler à quiconque sur notre chemin… Nous empruntons un petit cul-de-sac et nous tombons sur 7 hommes habillés à moitié en civil et à moitié en militaire. Tous habillés de façon disparate un peu. Parmi eux, deux ont des mitraillettes qu’ils laissent traîner par terre comme si c’était un sac à dos embêtant. Ils sont installés là en train de faire chauffer du thé avec un feu de camp. Hélala! Sur qui nous sommes tombés?? Ils sont super sympathique. Ils nous donnent des gros manteaux de militaire parce qu’ils considèrent qu’il fait trop froid pour nous. Puis chacun veut un selfie avec nous. Évidemment, nous acceptons. Puis, nous prenons des photos à notre tour. Ils sont très contents. Ils ne parlent pas anglais, mais miment qu’ils sont ici pour … (à cet endroit dans la phrase, ils miment de tenir une arme et de viser autour de lui, donc vous pouvez placer le verbe que vous voulez entre : tirer, viser, surveiller, etc) dans la région. À un moment donné, un d’eux nous demande si nous avons déjà tiré avec une arme. Que voulez-vous dire tirer? En fait, tirer sur qui? Je suis déjà allé au Laser Quest quand j’étais jeune, est-ce que ça compte? Il commence à pleuvoir. Ils nous disent de rentrer dans la voiture pour nous abriter ce que nous faisons. Je me retrouve sur la banquette arrière au milieu. À ma droite, il y a un des hommes avec sa mitraillette entre les jambes. Ils nous disent que c’est trop dangereux faire du camping ici. Que nous devons aller au prochain village. Dit comme ça, c’est avec plaisir que nous allons aller au prochain village! Encore à ce jour, nous ne savons pas qui était ces mystérieux hommes. Armée? Police? PKK? Nous n’avons pas posé de questions. Le moins nous en savions, le mieux était!

Les mystérieux hommes armés!

Le lendemain matin. Nous repartons tranquillement. Il y a d’autres contrôles militaires. Je me rappelle bien d’un en particulier où on pouvait voir au loin la barricade. Et de l’autre bord, il y avait un véhicule blindé. Sur le toit, il y avait la classique tourelle avec la mitraillette qui pointait directement… sur nous. Une bizarre de sensation. Nous arrivons finalement à la ville de Pülümur. On parle avec un petit groupe de turcs dans un café et on leur demande où l’on peut installer notre tente. Ils nous disent d’aller voir la police. Ah bon, les policiers? Nous nous rendons au poste de police et on leur explique notre situation. Pendant que le policier nous parle, un chien immense liche sa cartouche de munition sur sa hanche. Le policier fait quelques appels téléphoniques et finit par nous dire que la région est dangereuse et qu’ils vont nous escorter jusqu’au site. Et nous voilà à suivre un blindé dans la ville en vélo. On croise le même groupe avec qui nous avions parlé un peu plus tôt. Ils nous regardent d’un air si étonné! La situation est surréelle. Finalement, nous arrivons dans la cour de l’école. Les policiers nous disent qu’on peut camper ici, qu’ils peuvent nous voir du poste de police. Parfait! Ce n’est pas l’idéal pour une tente, mais nous allons nous arranger. Les policiers quittent.

Dans la cour d’école, il y a des jeunes qui jouent au babyfoot. Je me dis que je vais aller jouer une petite partie avec eux pour m’occuper. Rémi, pendant ce temps, regarde la météo sur le téléphone d’un des jeunes. Puis, une voiture en civil s’arrête devant les jeunes, le conducteur qui ne semble pas rigoler leur demande à qui appartiennent les vélos puis repart en direction des vélos. Les jeunes nous disent, d’un ton assez convaincant, d’aller à nos vélos. J’en conclus rapidement que je finirai ma partie de babyfoot plus tard. En se dirigeant vers les vélos, qui sont à 100 mètres environ, on voit les deux hommes habillés en civils sortir. L’homme, côté passager, sort avec une kalachnikov dans la main droite. Doux Jésus! Qui sont-ils? Que nous veulent-t-ils? Encore une fois, ils ne parlent pas anglais. Ils répètent le même mot « teröööör, teröööör, teröööör ». L’homme à la kalachnikov dépose son arme et l’appuie sur nos vélos pour pitonner sur Google Translation. Voir un AK-47 appuyer sur nos vélos est surréel! En résumé, je ne sais pas qui sont ces gens, mais ils disent qu’on ne peut pas dormir ici. Ce serait trop dangereux, nous devons aller à l’hôtel. Il reprend son arme et pendant qu’il explique la situation, un chien errant énorme liche la crosse de son AK-47. Wow…

Nous finissons par nous rendre à l’hôtel de force. Nous finissons la soirée dans un bar à regarder un match assez important de soccer. Galatasaray contre Basiktas. Galatasaray a gagné 2-0 si ça vous intéresse…

Voilà le résumé de nos deux dernières journées… Que de péripétie en Turquie!!

 

Cet article comporte 10 commentaires
  1. Wow…juste wow!! Je n’en revient pas a quel point tu as une paire de…
    Je suis toujours partant a bien des choses mais il est claire que tu surpasse!
    Be good buddy

  2. J’ai évidemment lu ton article. Sois encore plus prudent. S’il y a un problème et que je peux faire quelque chose, n’hésite pas à m’en parler. Bisous xxxxxx

  3. NON i JE trouve pas que tu as du courage ……….AU contraire pas tres FIÈRE DE toi
    Explique moi, MON beau alexandre , pourquoi tu devais passer par le chemin LE PLUS court ? Vous êtes pressés ?
    Vous devez être revenus dans quoi……..8 -10 mois !
    Si tes ‘amis’ avaient bu QUAND vous LES avez croisés LA situation aurait pu être totalement différente
    Bonne route et soyez prudents

    1. Nous ne sommes pas pressés, mais des fois certains itinéraires sont plus beaux que d’autres, et je crois en la gentillesse des gens

  4. La photo avec les sept guerrilleros n’a pas de prix! Juste cette photo est un trophée de voyage incroyable.

  5. Ouf ! Récit haletant ! Rita va adorer !!!! Je suppose que vous êtes sur le point de sortir de la zone des « terör ». Des pays aussi accueillants que la Géorgie et la Russie vous attendent !

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