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Bienvenue en Turquie!

Ce n’est pas toujours facile d’écrire en voyage. Ce que je trouve difficile, c’est que ce que j’écris sur le moment ne reflète pas nécessairement la réalité du futur. L’exemple le plus frappant est avec la météo. Lorsqu’il ne fait pas beau et que j’écris, c’est souvent hyper négatif. Lorsque je relis 2-3 jours plus tard pour continuer d’écrire, je trouve que j’exagère un peu et que ce n’était pas si pire que ça. Il faut dire que j’ai, par chance, tendance à oublier les mauvaises journées. Que ce soit de la pluie ou une grosse côte, 2-3 jours plus tard j’ai de la difficulté à bien me rappeler de ce moment négatif. C’est ce qui est arrivé en écrivant mon premier article sur la Turquie. Ce que j’ai écrit au début n’était pas représentatif de ce que je pensais quelques jours plus tard. Donc, pour faire changement, j’ai décidé de parler de la Turquie en 8 anecdotes.


La fois où, une fois de plus, nous avons changé de langue

Mon dictionnaire

J’en ai déjà parlé et j’en parlerai encore, mais je suis toujours fasciné par les langues et c’est toujours un défi pour moi d’apprendre le plus rapidement le plus de mots possible. Dès que je rencontre quelqu’un qui parle anglais, je le bombarde de question sur la prononciation et sur la signification de certains mots. Merci à certains couchsurfeur, particulièrement Mustafa, qui ont été d’une grande aide. Plus les jours avancent, plus mon « dictionnaire » s’agrandit. La clé du succès dans une langue, du moins pour moi, est la pratique. Il ne faut pas avoir peur de faire des erreurs. Donc, dès que j’apprends une phrase, j’essaye de la pratiquer le plus possible même si ce n’est pas le genre de questions que je poserais habituellement au Québec. Par exemple, je peux très bien demander le nom du vendeur d’orange juste pour pratiquer la question. À force de pratiquer, je me rappelle de la phrase et elle devient naturelle. Ce qui me fascine le plus dans les langues, c’est qu’il y a certains mots qu’on ne peut pas traduire dans une autre langue. Par exemple, lorsqu’on veut remercier une personne qui a fait quelque chose de ces mains (par exemple quelqu’un qui cuisine pour nous) on va dire « Eline sağlık » (prononcer quelque chose qui ressemble à Èliné saleuk). Donc, ce mot sert seulement lorsque la personne a travaillé avec ces mains. Nous ne pouvons pas l’utiliser lorsqu’on nous paye le thé au restaurant par exemple. Il n’existe pas d’équivalent en français ou en anglais pour cette expression. C’est quelque chose de très culturelle. Il y a environ 4 façons de dire merci. C’est donc difficile au début de comprendre parce qu’on n’entend pas toujours le même mot.

Jus d’orange, Eline sağlık!

Beaucoup de gens disent que le turc est compliqué. Personnellement, je ne trouve pas la langue compliqué. Les lettres sont très semblables à nos lettres (sauf 2-3 exceptions). La prononciation est relativement simple (sauf pour une seule lettre, le « i » sans point). La seule chose qui est compliquée, mais très intéressante, est l’utilisation des suffixes. Pour la négation, l’interrogation et plusieurs petits mots, ils ajoutent des suffixes. Donc, il est possible de construire des mots ce qui fait que le mot le plus long en turc est : Çekoslovakyalılaştıramadıklarımızdanmışsınız. Ce mot veut dire « On dit de toi que tu es un de ceux que nous n’avons pas réussi à rendre Tchécoslovaque ». En effet, pas très pratique pour mon quotidien, mais les gens rient lorsqu’on essaye de le prononcer.

Et chaque pays a, au moins, un mot qui fait rire les locaux. Par exemple, en Albanie, c’était « Rrrrrovsh » qui veut dire merci, mais dans un vieux dialecte. Pour une raison inconnue, les gens partaient à rire et nous demandaient si nous étions albanais. En Turquie, le mot est « Allah razi olsun » qui veut dire merci de façon religieuse. Avec les personnes âgées, c’est un rire assuré et une amitié créée d’un coup!!

La fois où on s’est fait payer le melon d’eau

Une fois, on faisait une petite balade de vélo autour d’une péninsule durant une de nos journées de pause. On s’arrête dans un petit restaurant pour boire un jus. On discute avec le serveur et on le voit passer avec un plateau de melon d’eau. Ça fait longtemps qu’on n’a pas vu de melon d’eau. On se dit qu’un bon jus de ce fruit serait parfait. Finalement, il a mal compris et arrive avec des morceaux de melon d’eau. Ce n’est pas grave, ce sera quand même très bon. Par la suite, il nous demande si nous voulons du thé ou du café. Je prends du thé et Rémi prend du café. Lorsqu’on arrive pour quitter, on lui demande la facture et il nous répond que c’est gratuit…. Heu… ce n’est pas comme ça que vous faites de l’argent dans un restaurant… à faire payer les clients? Bon, la facture n’aurait pas été très élevée, mais c’est quand même étonnant! Et je ne compte plus le nombre de fois où l’on s’est fait payer le thé… Au moins 3-4 par jour…

Mot le plus entendu dans les villages : Çay? (thé?)

La fois où on s’est fait arrêter par des policiers

Je devrais dire « les fois » parce que c’est arrivé deux fois. Je vois arrivé une van avec les gyrophares allumées. Six policiers sortent du véhicule et se dirigent vers nous. Il n’y a pas de doute, ils sont là pour nous. Nous étions avec un couple de français et rangions nos vélos après une nuit de camping au milieu de nul part. Je me dis qu’ils vont venir nous dire que c’est interdit (ce qui est faux) et qu’ils vont nous demander de l’argent, nos passeports et que ce sera compliqué s’en sortir. Un des policiers s’approchent de moi et j’utilise tous le turc que je connais (Bonjour!, comment allez-vous, quel est votre nom, je m’appelle Alexandre, c’est une belle journée, etc). Ils trouvent ça bien drôle, me demande d’où l’on vient et où l’on va, me sert la main, puis quitte. Voilà comment s’est passé le deuxième épisode avec les policiers. En ce qui concerne la première fois, c’est la même chose à l’exception qu’il y avait seulement deux policiers.

La vue de notre camping

La fois où nous avons fêté un mort

Nous étions dans une côte en montant. Un monsieur se met dans la rue et nous fait signe d’arrêter. Il ne parle pas anglais, mais on comprend clairement qu’il veut qu’on arrête. Il semble avoir une fête chez lui. Nous n’avons fait que 27 kilomètres. Nous hésitons, mais nous décidons d’arrêter puisque c’est exactement cela qu’on recherche dans notre voyage: le contact avec les locaux. Nous ne comprenons pas trop ce qui se passe et personne ne parle anglais. On décide donc d’appeler Mustafa, que nous avons rencontré quelques jours plus tôt, pour nous faire la traduction. Il nous explique qu’ils sont en train de fêter la mort du père de la personne qui habite à cet endroit. C’est, apparemment, quelque chose de très culturelle de faire une fête 62 jours après la mort pour se rappeler de cette personne. Ils nous donnent des gozleme à volonté. C’est une genre de pizza à croûte mince où ils mettent fromage et épinard à l’intérieur. Nous passons la nuit chez Mehmet à se faire comprendre par des gestes et en utilisant Google Traduction. Pour le repas, j’essaye de proposer mon aide, mais ça ne fonctionne pas. Rémi, lui, réussi à couper une patate. Lorsque Mehmet voit que je suis assis sur le divan et que Rémi coupe une patate. Il dit : « Alex tembel, Rémi çalışmak » et part à rire. Mais… qu’est-ce que cela veut dire ??? J’écris dans Google Traduction et je lis : « Alex lazy, Rémi hardworking ». Il trouvait cela bien drôle… et moi aussi je dois l’avouer. Le soir, il rappelle Mustafa pour lui parler. Lorsqu’il raccroche, il nous dit : « Mustafa, iki gün, Mehmet ? » et je peux traduire cela par « Mustafa, 3 jours, Mehmet ? ». En d’autres mots, il voulait qu’on reste plus longtemps et nous demandait pourquoi on était resté 3 jours chez Mustafa et seulement 1 journée chez lui. Ils sont comme ça les turcs… généreux! Le lendemain matin, c’est Rémi qui est rendu « tembel » et moi « çalışmak » puisque je me suis levé 2 minutes plus tôt que lui et il trouve cela encore bien drôle. Nous quittons Mehmet et sa femme avec 10 oranges (nous lui en avions demandé 2) et des citrons. Ils sont comme ça les turcs… généreux.

La fois où on s’est fait suivre

C’était un chien. Un gentil chien. Eh non, désolé, aucune histoire macabre comme on les entend aux nouvelles. Il nous a suivi sur une trentaine de kilomètres sous un soleil intense. 30 km!!! Je me sentais mal pour lui. Et incapable de le fuir. Dans une côte, un monsieur s’arrête pour nous proposer de l’eau. Évidemment, on accepte et on fait boire un peu le chien qu’on a appelé kopek (prononcer keupek, chien en turc). On finit par le semer dans une côte descendante et ainsi lui éviter une mort par épuisement. Les chiens turcs sont relativement très gentils lorsqu’on les compare à ceux de la Grèce. Dans les villes, les locaux s’occupent d’eux au point qu’ils deviennent obèses. Je préfère des chiens obèses que des chiens qui nous courent après en voulant nous manger les mollets…

Crédit : www.verslasoie.ca

La fois où on a mangé dans un autobus

Sur la route, il y a souvent de petits restaurants. Moi j’aime ça! Ça fait très local. C’est rarement des restaurants étoilés du guide Michelin. Par contre, c’est très rapide et en vélo c’est pratique. Nous tombons une fois sur un resto-autobus. Comment ne pas arrêter? On ne les voit pas sur la photo, mais il y avait des poules derrière l’autobus. J’ai mangé un petit sandwich (assez courant en Turquie) et Rémi un succulent kokoreç (boyaux et abats d’agneau mis en broche). Bon… j’ai goûté les kokoreç et c’est loin d’être mon plat préféré. Je ne sais pas ce que les gens aiment de ce plat… Il y a tellement de bonnes choses à manger en Turquie. Je ferai probablement un petit article sur la nourriture éventuellement!

La fois où on s’est fait donner de l’argent

Cette anecdote est un peu longue. On arrive dans un petit village assez tard. Il commence à faire sombre. On s’arrête dans un petit restaurant. La dame, qui ne parle pas anglais, nous demande si l’on veut manger. Des fois, il est plus facile de dire « oui » que d’expliquer que nous avons seulement besoin de yogourt par exemple. On accepte et on lui demande si elle sait où l’on peut dormir. Elle nous met en contact avec un monsieur, Tony, qui parle anglais. Celui-ci nous amène chez lui en disant que c’est 10 euros (15 CAD) ou 50 TL (turkish lira) par personne. Pour le commun des mortels vivant au Canada, ça semble peu cher, mais pour nous, c’est assez cher. À titre comparatif, à Bodrum, deuxième ville la plus chère du pays, nous avons payé 50 TL pour deux personnes. Donc, 100 TL pour dormir dans un petit village de campagne, c’est assez cher. Ceci étant dit, on lui demande si c’est le prix normal en mentionnant le prix qu’on a payé à Bodrum. Il accepte de diminuer à 80 TL ce qui est encore cher, mais il est tard et on ne veut pas passer la soirée à négocier. Le lendemain, il nous demande si on va visiter la grotte. Quoi? Quelle grotte? Eh bien la plus grosse grotte de Turquie est à 4 km et le monsieur qui nous héberge en est le « directeur ». Tony quitte pour le travail et nous dit qu’on peut payer la chambre à sa mère. Nous lui donnons 10 euros et 25 TL ce qui revient à environ 75 TL Puis, nous nous dirigeons vers la grotte. Wow, une très belle surprise. Nous sommes seuls, aucun touriste. Seulement 200 mètres sont accessible aux non-spéléologue, mais c’est en bateau avec une eau pure et limpide que nous la visitons. Nous discutons un peu avec Tony par la suite. Nous lui parlons de notre projet, des endroits où l’on dort, des gens que l’on rencontrent et qui nous hébergent, etc. Puis, il nous demande combien nous avons donné à sa mère. Là, je me dis qu’il va se rendre compte que nous lui avons donné moins de 80 TL et il ne sera pas content puisque ce n’était pas le prix convenu. Nous sommes honnêtes et nous lui disons la vérité. Il sort 25 TL de sa poche qu’il me donne en me disant que 10 euros pour la chambre est suffisant. Wow, c’est la première fois qu’on se fait donner de l’argent. Je lui dis que je dois quand même payer les entrées pour la grotte. Il nous dit que c’est gratuit pour nous. Je ne sais pas si c’est le fait que notre projet intéresse les gens, mais nous réussissons souvent à avoir la sympathie des locaux. Une expérience qui semblait négative au départ est devenue très positive!

La fois où je me suis subitement fait une blonde

Une petite anecdote comique pour terminer… Nous étions hébergé chez Mucahit (au centre sur la photo). Son anglais est très limité et l’anglais de ses colocataires l’est encore plus. On finit par se comprendre, mais nous devons répéter plusieurs fois. On remarque en le regardant que les turcs sont très proches entre eux. Ils vont se tenir par la main, se prendre dans les bras, etc. Au point qu’on se questionne sur l’orientation sexuelle de Mucahit et de ses idées derrière la tête. Nous avons aucun problème avec ça. Il faut comprendre qu’il y a énormément de personnes sur les réseaux sociaux (couchsurfing et warmshower) qui sont présents plutôt pour des rencontres à caractère sexuelle que pour aider des voyageurs et on ne voudrait pas qu’il y ait de malentendus. Un moment donné, Mucahit me dit :

« Mon ami Mustafa trouve que tu as des beaux cheveux et une belle barbe, as-tu une blonde? »

« Oui oui, j’ai une blonde, j’ai même 4 enfants qui m’attendent au Canada, je leur parle à tous les jours. »

Mucahit et ses amis

Au final, je ne crois pas que Mucahit avait des idées derrière la tête. Je crois vraiment que les turcs sont très tactiles ce que je ne suis pas du tout. De plus, ce n’est pas trop dans notre culture nord-américaine. Ce que je trouve drôle, par contre, c’est que les amis se donnent de petits coups de tête à droite, puis à gauche lorsqu’il se salue. C’est un peu comme un signe de respect. Nous avons eu droit à quelques coups de tête.


Voilà! Bienvenue en Turquie! Et ce n’est que le début, nous avons à peine traverser le tier de la Turquie. Plusieurs autres histoires et photos à venir!

Cet article comporte 4 commentaires
  1. J’ai bcp aimé tes anecdotes qui permettent de mieux comprendre les habitants. La photo de Pamukkale (celle avec les « baignoires ») est superbe (un bon souvenir pour moi !). J’aime aussi les « cheminées de fées » en Anatolie. J’espère que tes 4 enfants vont bien….

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