skip to Main Content

Croatie et pluie

Retour dans le passé en retournant avant la pause bosnienne/herzégovinienne. Je retourne donc à Zadar où j’ai visité le parc national de Plitvice. Après quelques jours de repos, nous reprenons la route avec une météo disons… merdique pour se rendre à Split en deux jours. On pourrait rester au même endroit pour attendre le soleil, mais ça fait partie du voyage d’avoir de la pluie. Nous regardons la météo des prochains jours et nous aurons de la pluie assurément. Et pas de la petite pluie… Nous arrivons dans un petit village le soir. Par chance, nous avons été capables de nous épargner la pluie durant la journée. Ce n’est pas très étonnant puisque la pluie était prévu le lendemain et durant la nuit. Nous voyons un homme à l’extérieur. Rémi commence à lui parler pour lui demander de l’eau (notre stratagème habituel). Puis, on lui demande s’il connait une place où l’on peut dormir. L’homme ne parle pas très bien anglais, son fils d’environ trente ans vient à sa rescousse. Celui-ci parle très bien anglais. Il nous explique qu’il ne peut pas nous héberger puisque c’est trop petit chez lui et qu’il a deux enfants en bas âge. Par contre, il nous dit qu’il y a une vieille école abandonnée à 500 mètres et qu’au moins on serait à l’abri. Il dit qu’il va nous y conduire en nous montrant le chemin avec son auto. La pluie a déjà commencé à tomber. Nous ne perdons pas plus de temps et nous le suivons. Et là, on tombe sur l’endroit le plus lugubre que nous avons dormi pour l’instant.

L’homme en question nous dit qu’il se sent mal de ne pas pouvoir nous offrir mieux que ça. Il nous demande ce que nous avons prévu manger. Nous lui répondons que nous avons de la soupe. Il nous dit qu’il va revenir dans une heure avec un repas chaud pour nous. Pendant ce temps, nous nous installons tranquillement. On fait le tour de l’école pour trouver le meilleur endroit pour dormir. Nos critères sont assez basiques : un plancher propre et à l’abri des intempéries. Le trois quart des fenêtres sont brisées ce qui fait rentrer un courant d’air assez puissant. La plupart des pièces sont encombrés de morceaux de bois provenant du plafond ou de je ne sais pas où. Des dizaines voire des centaines de bouteilles d’alcool sont éparpillées par terre. Une vieille télévision, des films porno et des enveloppes vident de condoms se trouvent dans une pièce à l’étage (il manque juste les seringues). Malheureusement, c’est la pièce la plus propre et la seule à l’abri du vent. C’est donc à cet endroit que nous dormirons.

L’homme revient avec un repas chaud qui fut excellent! Au mois de septembre, c’était plus facile de faire de meilleurs repas puisque le soleil se couchait tard et qu’il faisait chaud. En plein mois de février, le soleil se couche vers 17h15 et la température chute brutalement. Donc, nos repas sont très basiques. Lorsqu’on se fait donner un repas chaud (poulet, patate, chou), on se considère comme des rois!

À ce moment, on est assez content de notre hébergement. Nous sommes à l’abri de la pluie qui tombe depuis quelques heures et du vent qui souffle assez fort. On se couche paisiblement en se disant que ce sera une merveilleuse nuit. Puis, je me fais réveiller à 1h00 par Rémi qui entend (plouc, plouc, plouc). L’eau du toit coule sur mon sac de couchage!! La pièce est trop petite pour que je change de place. Je dois changer de pièce. Je me place dans le corridor. J’essaye de m’installer du mieux que je peux entre les débris en m’assurant que le toit ne coule pas. Je suis bien installé, mais un courant d’air incroyable passe en plein dans le corridor. Le vent est tellement puissant que je me dis que le toit de l’école va partir. J’entends toutes sortes de bruits provenant du rez-de-chaussée causé, je l’espère, par le vent qui rentre directement dans le bâtiment. Est-ce que j’aurais affaire à « bura »? Si le vent continue avec cette force, je ne pars pas en vélo le lendemain. Impossible de pédaler avec un vent aussi puissant, ce serait beaucoup trop dangereux. Je réussis à m’endormir vers 3h00 et à avoir une nuit relativement correcte en me réveillant de temps à autres.

Finalement, je me réveille le lendemain matin. Le vent a cessé, mais le ciel est menaçant. Nous partons rapidement pour essayer d’arriver à Split avant la pluie. En pédalant, j’y crois. Malheureusement, nous ne pouvons pas être toujours chanceux. Un déluge. Jusqu’à ce qu’on arrive à Split. L’entrée dans la ville est longue, une vingtaine de kilomètres. Certaines autos nous dépassent en faisant une vague qui revole sur nos pieds. Je suis habillé contre la pluie, mais avec une pluie aussi intense, difficile de résister plusieurs heures. Il n’y a pas de vêtement parfait. Si on veut 100% résistant à l’eau, c’est 0% respirant. Si on veut 100% respirant, c’est 0% résistant à l’eau. Donc, l’eau (ou ma sueur!?) finit par traverser. Nous trouvons notre auberge de jeunesse après une bonne heure de recherche et on finit par se cacher de la pluie. Ouf! Le lendemain, nous pouvons visiter Split sous un ciel relativement dégagé.

Après avoir visité la ville, nous profitons de ce ciel dégagé pour nettoyer la chaîne de nos vélos. Depuis le début du voyage que je ne l’ai pas nettoyé. Elle ne fait pas de bruit bizarre, je n’ai pas de difficulté à changer de vitesses, mais elle est extrêmement sale. Après un bon nettoyage, je découvre un nouveau vélo! Je vais vraiment devoir prendre soins de ma chaîne plus souvent… C’est quand même mon outil de voyage.

Pour la suite de l’itinéraire, nous devions nous rendre à Dubrovnik. On pouvait suivre la cote ou prendre un bateau pour visiter une autre île. Nous avons choisi d’aller visiter Korčula. C’est la basse saison, l’île est relativement tranquille. Peu de voitures, peu de touristes. Le soleil est ressorti. La météo fait une grosse différence sur notre humeur!! Ce n’est tellement pas la même chose pédaler avec un soleil que de pédaler dans la pluie. Mais ma vision de la chose est que pour profiter pleinement du soleil, on doit vivre des journées sous la pluie.

Chacun son tour!

Après le petit périple sur l’île, nous avons sorti de l’itinéraire côtier pour aller visiter la Bosnie-Herzégovine. Si vous avez manqué cet épisode, cliquez ici pour en lire davantage. Puis, retour en Croatie où nous arrivons à Dubrovnik.

Arrivée à Dubrovnik

Encore une fois, la ville est relativement calme. Beaucoup de magasins sont fermés puisque c’est la basse saison. De plus, avec l’arrivée de la série « Game of Thrones », qui a été filmé en partie à Dubrovnik, la ville a vu le nombre de touristes augmenté drastiquement. Je n’ai écouté aucun épisode de la série donc ça ne change pas grand-chose dans ma vie. Par contre, dans les boutiques touristiques, on voit des tasses « Game of Thrones », des chandails « Game of Thrones », des collants « Game of Thrones », etc. Peu importe, la vieille ville est très belle. La plus belle ville croate que nous avons visitée. Il est même possible de faire le tour de la ville sur les remparts. Notre objectif était d’y aller vers 16h00 lorsque la luminosité serait parfaite pour les photos. Malheur, les remparts ferment à 15h00 durant la basse saison. Il nous reste le funiculaire pour monter sur la montagne afin d’avoir une vue d’ensemble. Malheur, le funiculaire est fermé jusqu’au mois de mars pour maintenance. Il prévoit de la pluie le lendemain, on ne peut pas rater cette vue. On prend donc un taxi qui nous amène en haut. On ne regrette pas du tout cet investissement!

Nous profitons des journées de repos chez notre hôte Warmshower Nikša. Celui-ci est d’une générosité sans pareil! Il nous présente à certains de ses amis dont Ševala qui est une chef pâtissière dans un hôtel 5 étoiles de Dubrovnik. Elle nous montre quelques photos de ses créations. Elle ne parle pas beaucoup anglais, mais on finit par se faire comprendre par des signes et avec Google Translator (lorsque Nikša n’est pas là pour traduire). Elle prend même mes pantalons de pluie pour les réparer (ils avaient déchirés). Le lendemain, quelqu’un cogne à la porte. Je suis le plus près de la porte, je l’ouvre et je vois Ševala avec un plateau immense de beignes au chocolat et caramel fourré à la confiture! Ils sont encore chauds. On dirait que les beignes sortent d’un livre de recette tellement ils sont beaux!! La pâte est juste parfaite! Ce fut excellent!

Les fameux beignes!

Toute bonne chose a une fin, nous devons quitter (le lundi). Nous regardons la météo pour les prochains jours. Une catastrophe. De la pluie toute la semaine. Aucune journée de repos. Les pires journées seront lundi et mardi. Par chance, nous sommes hébergés le lundi soir au Monténégro. Nous quittons le lundi dans la pluie et arrivons au Monténégro dans la pluie. La moitié de mon linge est mouillé. Rebecca, notre hôte Couchsurfing, a un poêle à bois et je peux faire sécher (ou brûler mes semelles de chaussures) la plupart de mon linge. Nous faisons un suivi sur la météo. Pire que pire. Il y a des alertes météo pour le lendemain (mardi). 30 millimètres de pluie. J’ai aucune idée ce que représente 30 millimètres de pluie, mais je comprends que s’il y a des alerte d’inondations, ce sera assez violent. Rebecca nous confirme que la pire journée est prévue pour mardi. Elle nous offre de rester une journée de plus pour nous épargner cette journée. D’après la météo, il y aura deux fois moins de pluie le mercredi. Le lendemain matin, la météo n’a pas changé, toujours une alerte météo de 30 millimètres de pluie est prévue pour la journée. Nous devons prendre une décision.

  • Partir malgré la météo. C’est l’idée de Rémi qui dit que le surlendemain sera peut-être pire, qu’il y a rien de certain avec la météo. Nous venons d’arrêter 3 jours à Dubrovnik, il n’a pas envie d’arrêter encore. De toute façon, c’est de la pluie tous les jours de la semaine.
  • Rester au sec pour laisser passer la grosse pluie. C’est mon idée. La météo est trop mauvaise aujourd’hui. Je suis conscient que la pluie fait partie du voyage, mais si on peut l’éviter, c’est la meilleure chose à faire. Rebecca qui nous héberge nous offre de rester, elle est sympathique, partons mercredi lorsqu’il y aura 2 fois moins de pluie.

Entre stagner sur place ou avancer vers l’objectif de la Mongolie, nous (parce que chaque décision est commune) avons choisi d’avancer. Avec du recul, je crois qu’on aurait dû rester. Une pluie continue durant toute la journée. Mes vêtements atteignent leur limite assez rapidement. Après 30 minutes, je sens les gouttes d’eau couler le long de mes jambes et imbiber mes pieds. Après 1 heure, chaque coup de pédale je sens mes pieds tremper dans un bain de pluie que mes souliers Gore-Tex emprisonnent. Il fait 8 degrés Celsius, 5 degrés de température ressentie. Après dîner, j’ai de la difficulté à me réchauffer parce que tout mon linge est mouillé. Je grelotte en pédalant. On finit par arriver à 10 kilomètres de la frontière avec l’Albanie. On ne trouve aucun habitant pour nous héberger et mes vêtements sont mouillés au point que le camping n’est pas une option. Nous trouvons un hôtel correct pour 20 euros. Dans la chambre, il y a une petite chaufferette qui nous permet de faire sécher pratiquement tout notre linge. Le lendemain matin, je ne peux pas dire qu’il faisait beau, mais très peu de pluie!! Rien à comparer la vieille.

Ce que je trouve le plus dommage, c’est que j’ai pris une seule photo du Monténégro et c’est une photo de la pancarte juste avant de passer les douanes. Le reste du temps, il pleuvait trop pour que je puisse sortir mon appareil photo. Si vous faites une recherche sur le Monténégro, vous allez voir des paysages incroyables! Je suis plutôt triste de ne pas avoir eu l’occasion de voir ce pays sur son beau jour. Je devrai y retourner un jour…

Ma seule photo du Monténégro!

L’épisode du Monténégro est maintenant du passé. Ce qui est drôle c’est que je connais déjà la suite parce que j’ai quitté le Monténégro depuis déjà plusieurs journées. Sachant la suite, la pluie n’étais pas si pire… Par contre, il faudra attendre le prochain article pour en savoir davantage!

Cet article comporte 16 commentaires
  1. Quel périple!!!!!! Vous êtes courageux et surtout pas au sec !!!
    Les photos de Dubrovnik sont à couper le souffle !! Bonne continuation:)

  2. Wow! Toujours de nouveaux péripéties à peine croyables !! Des zones d’inconfort extrêmes mais aussi des pantalons racomodés et des beignes tout chauds! C’est beau de voir la bonté du monde …
    Bon courage avec la météo, je peux à peine imaginer toute la force d’esprit que ça vous demande!

    1. Le prochain article sera riche en péripétie!! La pire météo depuis le début je crois!! Le problème c’est mes vêtements qui ne sont pas assez waterproof et je dois être à Athènes pour faire des achats. D’ici là, quand il pleut fort, tout est mouillé et là ça fair 4 jours…

  3. Tu es incroyable! J’adore!!! Par contre ton école me rappel un p’tit film que j’ai vue il était une fois….  « BLAIR WITCH PROJECT » oublis ça, je n’aura jamais couché là. Finalement tu as très bien choisi ton collègue….chu trop fragile. Mais sois sans crainte, je vais m’endur!

    1. Quand tu n’as pas le choix… tu finis par accepter la situation… c’était pas si pire au final… bien mieux qu’être sous la tente!!!

  4. Ta chaîne de vélo, faut pas juste la lubrifier et la nettoyer (RÉGULIÈREMENT!!!).
    Faut aussi la changer à tous les 4000 à 6000 km (en moyenne, selon l’utilisation).
    Fais-la mesurer de temps en temps pour vérifier l’étirement et la changer au besoin. Sinon, tes pignons vont s’abimer et tu seras TELLEMENT dans la merde! La pluie, c’est RIEN comparé à un vélo sans chaîne.

    1. Salut Pascal, on a déjà prévu changer chaîne et cassette à Athènes dans 500 km environ. On aura fait autour de 4500 km à ce moment là. Ça va faire du bien!! Je suis en Albanie et il n’y a pas beaucoup de bike shop (j’en ai vu aucun). Sinon ça fait 4 jours qu’il pleut, une meteo pourrie, c’est dure sur le vélo (et le moral!!). À plus!

  5. J’attends toujours avec joie, vos prochaines chroniques qui sont toujours enrichissantes et palpitantes ! Grâces à vos aventures, on recueille des infos pour notre prochain voyage ! Pas autant de pays que vous…et même l’idée de le faire en vélo, non plus!

    Bravo pour votre parcours ! Et merci de partager vos aventures !

    1. Merci de me suivre! Il y a autant de façons de voyager que de types de personnes! Et tout le monde a raison. Suffit de trouver ce qui nous convient avec le temps que nous avons 🙂 Quelle destination vous intéresse pour votre prochain départ?

  6. Bonjour,
    Notre prochaine destination : Madère. Une ile isolée du Portugal qui est située dans l’Océan Atlantique et qui semble-t-il est réputée pour la randonnée pédestre et la bonne bouffe. Départ en mai prochain.

    Bien hâte de partir !D’autres destinations en Europe sont prévues à court terme, d’où notre intérêt pour vos aventures !

    À bientôt pour la suite de vos déplacements !

    Carole

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back To Top