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Fin du premier chapitre

Descente après le col de Cabre

Départ de Barnave sous un ciel nuageux. Nous avions deux options pour l’itinéraire des premiers jours : revenir sur nos pas d’une journée pour descendre une vallée ou monter un col pour passer le Vercors. L’idée de revenir sur nos pas nous intéresse plus ou moins. Nous décidons d’attaquer le col au mois de janvier. Il y a eu des journées relativement chaudes alors on ne devrait pas avoir trop de neige.

Hameau de St-Martin : 3 habitants

C’est la première fois que je fais du cyclotourisme l’hiver. Je ne sais pas trop comment m’habiller. J’opte pour la totale : duvet, manteau gore-tex, tuque, gant, cache cou. L’objectif est de ne pas suer pour ne pas avoir froid. En pédalant dans une cote, on a chaud, en descendant, on a froid. Détache le manteau, attache le manteau, enlève les gants, détache le manteau, remet les gants, attache le manteau, enlève la tuque, enlève le cache cou, etc. On est sans cesse en train d’ajuster ses couches. Arrivé au col à environ 1200 mètres, il fait 1 degré Celsius! Rien à comparer le froid sibérien du Québec à cette même période! Par contre, en vélo, c’est frais! D’autant plus qu’on pense au soir où l’on va poser notre tente et qu’on va essayer de faire sécher nos vêtements (parce que peu importe les vêtements qu’on enlève et remet, on sue quand même). On pense encore plus au lendemain matin lorsqu’on va se réveiller et qu’il y aura de la condensation partout dans la tente. C’est ce qui arrivait en septembre, mais à ce moment il faisait chaud et il y avait du soleil ce qui permettait de faire sécher les tentes durant la journée. Maintenant, le soleil se couche 4 heures plus tôt et il est beaucoup moins puissant.

Ceci étant dit, on arrive au village de Aspres-sur-Buëch vers 15h00. On est arrêté devant un bar et on discute à savoir si on rentre prendre un verre ou si on cherche un spot de camping quand une van s’immobilise près de nous et un homme nous demande : « Hey les jeunes, vous bivouaquez où ce soir? Vous pouvez venir à la maison, c’est à 7 km d’ici ». Il nous en fallait pas plus pour accepter et l’homme se stationne pour venir nous serrer la main et se présenter. Je le vois sortir de sa voiture avec encore dans ses pieds ses bottes ultra rigide de ski de fond. Il habite à St-Martin, un hameau de 3 habitants.

LE look! Crédit : Serge Barnel

Et c’est comme ça qu’on a fait la rencontre de Serge Barnel. Un personnage fort coloré qui aura une influence certaine sur la suite du voyage. Ce qu’il faut comprendre, c’Est que Serge est un allemand né au Sénégal de mère nazi et de père communiste. Il a été un pionnier dans le vélo de montagne dans la région et en Europe en général. Il fait du cyclotourisme  depuis que le vélo existe et il voyageait déjà bien avant. Il a parcouru des milliers de kilomètres en Europe. Il est une mine d’informations pour nous autant au niveau météorologique qu’au niveau de l’équipement (il part avec 8 kg comparativement à environ 40 kg pour nous). Et avec toutes ces années derrière le guidon, il a des anecdotes déclassant certains films d’Hollywood. Allant des AK-47 pointé sur sa poitrine au douanier ukrainien qui lui tire dessus en passant par ses exploits en tant chasseurs alpin dans l’armée. Le soir, nous rencontrons sa femme Marie (ma petite Marie qu’il l’appelle). Dame fort sympathique qui l’accompagne en vélo électrique dans ses projets de fou. Le soir, Marie :

Mon p’tit Segio, est-ce qu’on sort le foie gras?

Et là je vois mon p’tit Sergio déposer trois bouteilles de vin sur la table et répondre:

Ah oui, j’adore ça le pâté avec le riz

Évidemment, souper festif où Serge et Marie raconte des anecdotes dans différents pays d’Europe où ils se rendent régulièrement faire du ski et du vélo. Mi-janvier, ils vont en Laponie pour aller chasser les aurores boréales. Le lendemain matin, le ciel est nuageux, gorgé de pluie. Serge nous dit:

Bon, soit vous partez ce matin et vous rester 3 jours mouillés, soit vous rester au chaud devant le foyer ici

Il nous en fallait pas plus pour rester une journée de plus à écouter une autre de ses anecdotes où il a fait croire à l’administration népalaise que ces zodiak importés étaient en ait des piscines pour les enfants afin d’éviter les taxes. On a l’impression que Serge a eu 7 vies tellement il a vécu de choses! Une journée à discuter de l’itinéraire et de la météo dans chaque pays qu’on va traverser.

Le lendemain, nous devons quitter pour avancer. On est en train de préparer les vélos et Serge allume le chauffage dans la pièce où on les avait laissés.

Je vais réchauffer la pièce pour vous faire regretter de quitter le camp de base

Parce que des camps de base, Serge et Marie en ont plusieurs en Europe. Et un camp de base, c’est un endroit où ils savent qu’ils seront accueillis à bras ouvert peu importe la situation. C’est peu dire sur leur générosité! C’est donc avec tristesse que nous les quittons, mais avec la tête rempli de souvenirs et une énergie et détermination débordantes.

Au revoir Marie et Serge!

Le soir, en arrivant au village de Malijai, nous n’avons pas d’hébergement. Nous demandons à un couple s’ils n’auraient pas une idée où on pourrait dormir. Il nous propose d’aller voir la mairie ce que l’on fait en se disant qu’on va nous diriger vers des hôtels. Surprise! Après discussion avec une employée qui appelle un conseiller municipal, on nous donne la clé de la salle des fêtes. Une gigantesque salle surchauffé où l’on dormira au sec! Double surprise le lendemain matin lorsqu’on voit sur Facebook : « La mairie de Malijai aime votre page » et un message privé « La mairie de Malijai vous souhaite bonne route ». Wow! Un gros merci à la ville de Malijai pour cette confiance.

Un gros merci également aux hôtes sur Couchsurfing et Warmshower qui nous ont accueillis les bras ouvert comme si on était de vieux amis. Nous sommes maintenant à Nice, dernière étape en France. Dans moins de 24 heures, nous serrons en direction de l’Italie où un nouveau chapitre pourra commencer.

 

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