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L’entraînement

Un projet un peu fou? Moi je ne le trouve pas fou… On est rarement fou pour soi-même. Moi ce que je trouve fou, c’est ceux qui s’empêche de voyager lorsqu’ils le peuvent et surtout lorsqu’ils le veulent. Je viens de finir un baccalauréat en génie mécanique. J’ai passé les 6 dernières années à étudier, travailler, étudier, travailler. Tout ça pour me permettre de payer mes études sans m’endetter et réussir à économiser un peu. Je me retrouve donc avec mon diplôme en main avec suffisamment d’argent pour réaliser un rêve que j’ai depuis plusieurs années. Ce n’est pas plutôt de décider de travailler qui serait fou? Ceci étant dit, voici un compte rendu de mes dernières journées au Québec et des 15 jours d’entraînement afin de tester l’équipement.


Les derniers jours québécois

Les derniers jours au Québec n’ont pas été de tout repos. Entre la planification d’un voyage au long cours à vélo, les deux emplois, la fin de l’université, la famille et les repas de départ, il me restait peu de temps libres. Je remercie mes collègues de travail avec qui j’ai passé ma dernière soirée avant le départ officiel. Et je voudrais me remercier de ne pas être parti dans le même état que lorsque je suis allé au Népal et au Myanmar en 2016. Hélala, toute une soirée.

Les premiers jours français

85 km de vélo + décalage horaire = dodo partout

Je suis arrivé à Bordeaux en France au début septembre avec mon vélo et deux immenses valises transportant tout le matériel vélo. Le plan était simple : mon oncle Gérard vient chercher mes valises pendant que moi je monte mon vélo pour me rendre en bicyclette chez lui. Le plan idéal jusqu’à ce qu’il me dise…

Mais Alexandre, je n’habite pas à Bordeaux! Je suis à 85 km au nord de Bordeaux!!

Tant pis, il n’y a pas d’autres solutions. Décalage horaire dans le corps, je pédale les 85 km pour me rendre chez lui à St-Vivien-de-Médoc. J’ai un peu d’avance sur l’horaire que je lui avais dit. J’arrive donc plus tôt que prévu, il est parti faire des commissions. Je m’installe dans un coin pour me reposer parce que je sens la fatigue. Bonsoiiiiiiiiiir, il est partiiiiiiiiiiiiiiii…

Je n’avais rien de vraiment prévu durant mon séjour à St-Vivien-de-Médoc. Je me disais que je me reposerais et que je m’occuperais de la paperasse administrative française (par exemple faire mon numéro de sécurité sociale pour avoir une assurance en Europe, refaire mon passeport français au cas où le voyage durerait plus longtemps). Un échec sur toute la ligne. J’avais clairement sous-estimé la complexité absurde de l’administration française. Ceci étant dit, je me suis tenu beaucoup occupé à St-Vivien en…. défendant le Québec à la pétanque! J’ai été champion deux fois de suite, mais malheureusement, la chute a été brutale par la suite. Puis, j’ai mangé comme si ça faisait 10 ans que je n’avais pas mangé. Des repas de rois à tous les jours grâce à Rosianne, la conjointe de mon oncle. Parce qu’on va se le dire, ce n’est pas mon oncle qui cuisine. Pour donner un exemple, un jour il est arrivé de l’épicerie et sort un céleri du sac en disant:

Voilà Rosianne, j’ai trouvé le persil frisé que tu m’avais demandé. Quoi !? C’est du céleri? Ah bon!

C’est Noël à tous les jours ici!

Le vélo

Le plan est d’aller rejoindre mon ami Rémi à Nantes pour pédaler pendant deux semaines ensemble afin de tester l’équipement. Évidemment, je suis un peu dernière minute. Le matin de mon départ, il me reste encore quelques trucs à ajuster sur mon vélo. Je ne peux pas trop tarder parce que je dois prendre le traversier pour me rendre à Royan. Par chance, j’ai l’aide du voisin Maurice (champion de pétanque de St-Vivien, il fait également d’excellents cornichons marinés si vous passez dans le coin) qui m’aide avec ses outils fabriqués maison. Pendant que je prépare le départ, 1001 questions me passent en tête…

Et si mon vélo brise? Et si je me fais voler? Et si je ne trouve rien à manger? Et si je ne trouve pas de place pour installer ma tente? Et si j’ai un accident? Et si je n’arrive pas à temps à Nantes?

Toutes des questions aussi positives les unes que les autres. J’ai une petite boule au ventre. J’ai beaucoup voyagé en sac à dos, mais c’est la première fois que je me « lance » dans le vide. C’est la première fois que je pars sans savoir où je vais dormir le soir, sans savoir ce que je vais manger ni où je vais manger. Puis, je me dis…

Et si tout allait bien?

Traversier pour Royan

C’est avec un ciel nuageux, chargé de pluie que j’embarque sur mon  vélo et commence à pédaler. Il est tellement lourd! Je crois l’entendre craquer de partout. Je pédale en zigzague parce que je ne suis pas habitué à la conduite. Je me dis que d’une seconde à l’autre, il va se casser en deux, que ce n’est pas possible qu’un vélo puisse supporter une telle charge. Je traverse le « centre-ville » de St-Vivien et on me regarde comme si j’étais un fou. Disons qu’on ne passe pas inaperçu avec un vélo chargé comme ça.

Une fois rendu à Royan, il commence à pleuvoir beaucoup. Je me cache sous un toit pour regarder mon itinéraire. Puis, un homme vient me voir et me demande où je vais et d’où je viens. Dès que je lui dis que je suis Québécois, il m’invite à prendre un verre chez lui. Le verre se transforme en dîner, le dîner se transforme en souper puis le souper devient une nuit au sec. De plus, on va à l’épicerie et il m’achète deux énormes sandwiches pour la route le lendemain. Un énorme merci à Nicole et Octave, qui par leur accueil chaleureux, ont été les premiers à m’accueillir pour la nuit.

Nicole et Octave
Séance de brossage de dent improvisé

Je finis par arriver à Nantes la journée prévue et à l’heure prévue pour aller à la rencontre de Rémi. Puis, on enfile les kilomètres en suivant la Loire: Chalonne, Angers, Gennes, Tours, Chaumont-sur-Loire, Beaugency, Sully-sur-Loire, Clamecy, Marigny-le-Cahouet puis arrivé à Dijon. Ensuite, nous suivons la route des Grands Crus de Bourgogne: Dézize-lès-Maranges, Cluny puis Lyon. Travail oblige, Rémi doit retourner au travail. On ne peut pas stationner nos vélos comme une auto à Montréal. On s’arrête donc chez le cousin de Rémi dans la mégapole de Barnave. Durant ces deux semaines, je me suis rendu compte d’une chose concernant ma peur de me faire voler mon vélo. Il est tellement lourd que j’aimerais bien voir la personne qui tenterait de le voler.

Outre les magnifiques vignobles, les châteaux gigantesques et les repas festifs en camping le soir, je garde en souvenir quelques rencontres sortant de l’ordinaire : l’itinérant venu à notre secours en engueulant un employé d’un parc, le roumain qui nous a hébergé et qui était incapable de faire deux choses en même temps, le couple de français qui nous ont accueillie dans leur château. Ce que je retiens surtout, c’est l’accueil et la confiance infinie que les gens ont. Merci à ses premiers hôtes!

Et voilà! Le premier chapitre est fermé. Nous sommes maintenant mi-décembre. Après un mois à voyager avec ma mère en Bulgarie, Roumanie et Istanbul (en avion par contre), on s’apprête à enfourcher nos vélos pour de bon. Direction l’Est! Italie, Slovénie, Croatie, etc. Et tout ça durant l’hiver. J’ai aucune idée comment sera l’hiver européen. Lorsqu’on part un an, on ne peut pas se sauver de l’hiver. Nous avions le choix d’avoir un hiver mongol, un hiver asiatique (central) ou un hiver européen. Des 3 options, l’hiver européen est clairement le moins pire. Et moins pire que -40 degrés, ça reste quelque chose de froid. J’aurai plus de détail au mois de janvier!

Cet article comporte 12 commentaires
  1. Je suis très content de voir que tu as finalement mis ton site a jour! Et surtout, je veux te remercier de partager ton voyage avec moi. C’est un plaisir et un privilège!
    Bon voyage mon chum et amuses toi bien.
    Be good & be safe

  2. À te lire, c’est comme si on y était !!
    Tu vas accomplir des choses que les gens ne pourront que s’imaginer en rêves 🙂
    Continue à nous faire rêver !!
    Au plaisir de te lire
    Prend soin de toi xxx

  3. Ayoyooooye!! Respect. C est grâce à des gens comme toi que je suis née du bon bord de l Atlantique….;) C’est pas avec moi qu’ on aurait su que la terre était ronde!!!!
    Bon voyage et continu d’ oser pour moi!!!

  4. Non tu n’es pas fou du tout Alex! Profites en ! Tu fais bien de saisir cette chance et merci de nous partager ce super voyage, cette expérience. Si j’etais Aussi jeune que toi je te dirais “Hey! Attends moi! J’embarque!!!

  5. Salut
    Très content de recevoir de tes nouvelles. Tu me sembles très heureux. J’espère que tu feras de belles rencontres car si tu te souviens bien, c’est dans les yourtes que j’ai connu Éric et Marcel.
    Bonne continuation.

    1. Merci bien Pierre! Tu donneras mon site à Marcel, je n’ai pas son courriel. Tu donneras des nouvelles de moi à Éric… Je doute qu’il est capable d’aller sur internet… ahah.

  6. Bravo Alexandre , depuis notre premiere rencontre au debut de ton aventure ,on va te suivre jusqu ‘au bout de ton voyage …….
    et dans un an , nous irons te voir au Canada (mais en avion !!!) !!!!!!!!! Bon courage a toi et bonne route , fais attention a toi .

  7. Salut Alex,
    content de voir que ton périple semble bien débuté. Je te souhaite bonne chance pour la suite et continuerai à suivre tes aventures sur le blog.

    A bientôt, Idriss

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